Une silhouette minuscule sur une plage, à côté d’une vague immense qui se brise

« C’est plus fort que moi » : le système qui fixe les règles de votre inconscient

« J’essaie, mais c’est plus fort que moi. » Vous savez ce que vous voulez changer, vous le voulez sincèrement, et pourtant vous retombez dans les mêmes réactions. La volonté n’est pas en cause. Quelque chose en vous est simplement plus fort qu’elle. Je l’appelle le système.

L’éducation et le système : deux choses bien différentes

Il faut, selon moi, distinguer l’éducation du système, c’est-à-dire de la façon dont chacun fonctionne.

Six enfants élevés de la même manière deviendront six adultes différents. Très petit, à un moment que je ne saurais pas situer précisément, chaque enfant choisit un système.

L’aîné a la priorité sur tous les choix possibles. Le système qu’il adopte n’est plus disponible pour ceux qui suivent : deux enfants d’une même famille ne peuvent pas prendre le même. C’est ce qui explique qu’une même éducation produise des personnalités si différentes.

Les jumeaux n’y échappent pas. Ils peuvent se ressembler et être très proches, chacun aura pourtant son propre fonctionnement.

Un système, c’est quoi ?

Un système, ce sont les règles du jeu de notre inconscient. Sans règles du jeu, un inconscient ne peut pas fonctionner.

Il en existe plusieurs. Voici les plus courants.

Le syndrome de la bonne élève, l’enfant lisse

Ce sont des enfants qui réussissent, bons à l’école, sans crise, qui ne dérangent jamais. Le profil est très proche de celui de l’enfant lisse : un enfant facile. À table, on entend souvent : « J’ai beaucoup de chance avec Juliette, elle est tellement facile. »

Une fois adultes, ils peinent à s’exprimer, à donner leur avis, à se distinguer du groupe. Choisir leur coûte. Leur vocabulaire les trahit : « je m’adapte », « je prends comme vous », « faites comme vous voulez ».

S’exposer leur paraît risqué, parce qu’un avis tranché pourrait leur faire perdre l’amour des autres. Pour eux, être lisse et se fondre dans la masse est devenu la condition pour être aimé.

L’enfant rebelle, celui qui fait rire

C’est l’enfant qui veut faire rire ses parents, bien souvent sa mère. Il a découvert que les petites bêtises et le rôle du gentil rigolo lui valaient de l’attention.

Il ne cherche ni à diriger, ni à être le premier, le plus beau ou le plus fort. Il veut être aimé, et faire du bien aux autres en les faisant rire.

Chez un enfant, c’est charmant. Chez un adulte, les choses se compliquent quand la vie demande du sérieux et que l’humour n’a plus sa place. Certains restent dans cette posture en permanence, sans trouver l’équilibre entre le temps du rire et celui des responsabilités. Ils ont du mal à s’en détacher.

L’enfant qui voudrait être vu

Cet enfant rêve d’être le premier, le plus fort, de trouver un domaine où exceller.

Mais il n’a pas trouvé sa voie, ou il n’y excelle pas. Parfois, il n’a même jamais essayé, car exceller demande du courage, de la résilience et beaucoup de travail. Fournir autant d’efforts pour obtenir des regards et de l’attention, il n’en a pas envie.

Il a donc trouvé un chemin plus « facile » pour attirer l’attention : les soucis. Inconsciemment, il se place dans des situations qui le rendent victime et accumule les problèmes, pour qu’on s’occupe de lui, pour qu’on l’aide. À ces profils, il arrive tous les ennuis de la Terre. Cette forme d’attention exige bien moins de courage et de travail que l’autre.

Et attention : je ne parle pas ici des personnes qui ont subi des violences, des abus, des humiliations. Leur position de victime est réelle, je ne la nie pas.

On peut passer toute une vie avec le même fonctionnement, en suivant depuis toujours les mêmes règles du jeu.

Quand le système ne correspond plus à votre vie

Pour certaines personnes, vient un moment où ce système ne colle plus à la vie qu’elles mènent. Il les rend malheureuses. Elles voudraient agir autrement, et pourtant le système l’emporte sur leur volonté.

C’est tout le sens du « j’essaie, mais c’est plus fort que moi ». J’en parle aussi dans l’article sur le doute et la peur d’agir.

Sommes-nous otages de notre inconscient ?

Non. Mais ce qui nous a longtemps protégés peut devenir ce qui nous empêche d’avancer.

Selon moi, le rôle de l’inconscient est de nous faire respecter, au quotidien, les règles du jeu que nous nous sommes fixées. Il ne connaît ni le bien ni le mal. Il est basique : il a des règles, et il veille à ce que vous voyiez la vie à travers elles.

Lorsque vous agissez en dehors de ces règles, parce que vous sentez que vous avez envie d’autre chose, il y voit une sortie de route, une mise en danger. Alors il réagit en bon protecteur : il envoie ses soldats, les doutes, les craintes, les questionnements, pour écourter ces nouvelles actions et vous ramener en terrain connu.

Il existe pourtant un moyen de lui faire comprendre que ces nouvelles actions, et les émotions qui les accompagnent, ne sont pas un danger. Elles traduisent une nouvelle direction que vous avez envie de prendre. Pour cela, il faut définir de nouvelles règles du jeu, qui viennent s’ajouter aux anciennes.

Je reste convaincue qu’un être humain ne change pas. Il ajoute un « et » ou un « mais » à ce qu’il est.

Changer de système : ma méthode

Le point de départ, c’est d’agir dans la direction que vous souhaitez. Par exemple :

  • ne plus être la bonne élève en permanence ;
  • oser vous exprimer sans craindre le rejet des autres ;
  • sortir de la position de victime et assumer davantage vos responsabilités ;
  • poser vos limites.

Il y en a bien d’autres. Tout l’enjeu est d’avancer sans être paralysé par les peurs, les doutes et les blocages que l’inconscient envoie.

90 % de connu, 10 % de nouveau

Ma méthode consiste à envoyer à l’inconscient un signal régulier, composé de 90 % des règles actuelles et de 10 % de règles nouvelles. C’est assez peu pour qu’il ne s’inquiète pas et ne lève pas son armée de doutes et de peurs.

Ces chiffres sont là pour illustrer. L’idée est d’agir en dose homéopathique, régulièrement, sur une durée définie. Bien souvent, les gens échouent parce qu’ils visent une action trop grosse d’un seul coup. Le bon calibrage des actions dans le temps est l’un des points majeurs de la réussite.

Au moins trois mois

D’après mon expérience, il faut au minimum trois mois. Ce sont ces petites actions cumulées qui finissent par inscrire de nouvelles règles du jeu dans l’inconscient. La personne n’est pas devenue quelqu’un d’autre : elle a ajouté un « et » ou un « mais » à ce qu’elle est.

Un exemple : la bonne élève au travail

Le syndrome de la bonne élève pousse souvent à faire le travail des collègues. Un collègue est en arrêt maladie depuis longtemps, un poste n’a pas été remplacé, et la personne prend tout en charge sans rien dire. Deux postes au lieu d’un, pendant des mois, parfois des années, sans demander d’augmentation. Elle fait, point. Jusqu’à l’épuisement, jusqu’à tirer sur la corde.

Ces profils occupent souvent des postes à responsabilité et sont reconnus pour leur rigueur. Personne ne va leur retirer ces qualités.

Ce qui change, c’est qu’elle devient capable d’aller voir son responsable pour lui dire : « Jusqu’à quand ? Quelle est la fin prévue de cette mission supplémentaire ? J’aimerais qu’on la cadre par un avenant à mon contrat, avec une prime ou une augmentation, puisque je fais deux postes au lieu d’un. »

Elle sait aussi répondre : « Ce dossier, je ne peux pas le prendre. J’ai déjà assez de travail et il ne relève pas de mon périmètre. » Et quand on lui laisse un délai presque impossible, elle ne remet plus en question la qualité de son travail. Elle a fait ce qu’elle pouvait dans le temps donné, sans culpabiliser.

Elle a ajouté un « et » à ce qu’elle est : rigoureuse, et capable de poser ses limites. Elle s’exprime davantage, et elle est donc bien mieux écoutée.

Accepter l’émotion qui arrive

Changer de système fait naturellement remonter de l’émotion. C’est même l’un des avantages d’un système : il nous tient à l’abri de certaines émotions qu’on n’a pas envie de vivre.

En le modifiant, on sort de ce que certains appellent la zone de confort, et on retrouve des émotions tenues à distance depuis longtemps.

Selon moi, personne n’échappe à un certain nombre d’émotions. On peut faire l’autruche et repousser le moment, mais plus on attend, plus l’émotion grossit et gagne en puissance.

Et personne n’aime vivre une émotion trop forte d’un coup. C’est le deuxième intérêt de la dose homéopathique : traverser l’émotion désagréable par petites touches, plutôt que de subir une vague tsunamique qui fait tout arrêter en chemin.

Ce qu’il faut retenir

  • Votre système, ce sont les règles du jeu de votre inconscient, choisies très tôt. Il est distinct de votre éducation.
  • Quand vous agissez hors de ces règles, l’inconscient vous protège en envoyant doutes, peurs et questionnements.
  • On peut ajouter de nouvelles règles aux anciennes : de petites actions régulières, sur au moins trois mois, en acceptant l’émotion par petites doses.

Si vous vous reconnaissez dans ce « c’est plus fort que moi », l’accompagnement de 4 mois permet justement de travailler dans cette durée, pas à pas. Vous pouvez aussi commencer par une séance individuelle.

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